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 Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé

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MessageSujet: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Mar 4 Jan - 20:49

Confidences

    Alice attendait sagement assise dans son lit depuis un bonne vingtaine de minutes déjà que Mathilde sa dame de compagnie daigne venir la sortir de ses appartements. Ce rituel quasi-obligatoire avait été instauré depuis les trois ans qu'elle vivait au Palais de la Cité aux côtés de son frère, et la jeune femme ne s'en plaignait pas. Elle avait beaucoup de difficulté à toujours devoir être assistée et ne pas pouvoir faire ce qu'elle désirait, mais ne s'en plaignait guère, préférant ce train de vie à celui de la vie froide et morne de la russie. Perdue dans des pensées embrumées par le sommeil, Alice sursauta lorsque Mathilde pénétra dans la chambre.

    - Je vois que vous êtes déjà éveillée mademoiselle ! dit-elle en effectuant une rapide courbette.

    Alice adorait littéralement Mathilde. Elle était toujours très attentive et n'hésitait pas à réprimander la jeune princesse, ce qui étrangement lui plaisait beaucoup. Elle avait l'allure d'une femme dans la quarantaine toute en rondeurs et au visage doux. Toute excitée de pouvoir enfin s'activer, Alice sauta en dehors de son lit et se jetta sur les rideaux les plus proches.

    - Bonjour Mathilde ! Que diriez-vous de... Oh, regardez comme le temps est radieux dehors ! Par pitié, pourrais-je me promener dans le parc ce matin ?

    Elle jeta à sa dame de compagnie un sourire des plus charmeurs, cette dernière lui répondant par un froncement de sourcils. Joséphine avait tendance à être plutôt stricte...

    - Mademoiselle, votre gouvernante vous attend dans le salon bleu pour votre heure de broderie. Je vais faire venir vos caméristes et vous pourrez vous promener dans environ deux heures.

    La jeune femme se laissa lourdement tomber sur son lit dans un soupir de désolation. Dieu qu'elle haissait le point de croix et toutes ces autres futilités ! Depuis quand devait-elle savoir broder un mouchoir pour devenir une jeune femme accomplie ? Désespérement ennuyée, Alice se laissa manipuler par les habilleuses sans chigner, n'accordant aucune préférence à aucune robe. Habituellement elle se trouvait être plutôt enjouée à choisir ses rubans et ses chapeaux, mais après un certain temps, elle se lassait vite. Ainsi parée d'une robe bleu ciel et de rubans crème, vint le moment de se faire coiffer. Moment durant lequel la jeune femme se laissa aller à ses ronchonnements avant que Mathilde n'y mette fin par un «Mademoiselle» fort autoritaire, ce qui fit sourire Alice. Le tout ayant été plus rapide qu'à l'habitude en raison du calme spectaculaire de la princesse, elle put enfin se rendre à son heure de broderie sans aucune hâte.

    Comme elle s'y attendait, ce fût d'un ennui mortel. Elle se fit rappeler à l'ordre une bonne vingtaine de fois par la gouvernante en raison de sa posture inconvenante ou de sa technique malhabile mais encaissa la critique sans sourciller. Elle réussit même à se montrer fort polie et interessée à la conversation. Lorsqu'elle fût enfin liberée de ce calvaire, la princesse dût se retenir de ne pas courir jusqu'à sa garde-robe chercher son ombrelle, son chapeau et ses gants avant de sortir dans le jardin, précedée par Mathilde qui la suivait de plus loin.

    L'air frais lui était délicieux et les rayons du soleil sur sa peau lui firent le plus grand bien. Car comme à son habitude, lorsqu'elle ne sentait plus le regard inquisiteur de sa dame de compagnie vrillé dans son dos, Alice écartait subtilement son ombrelle du reste de son corps, savourant ces instants interdits. Elle se plaisait à observer les jardiniers qui s'affairaient à garder les plantes en vie le plus longtemps possible avant que l'hiver ne devienne trop rude. Depuis le début de sa promenade elle n'avait encore croisé aucun courtisan ni courtisane et ce à son grand déplaisir, elle qui adorait discuter ! Se contentant donc de ce moment de repos, Alice poussa un soupir de béatitude alors que Joséphine plus loin ne s'en tint qu'à un souffle d'ennui. Se perdant dans ses pensées, la jeune femme ne remarqua qu'un peu tard qu'une ombre féminine semblait s'avançer vers elle, ses souliers foulant le gravier au sol. À contre-jour, il était pour l'instant impossible pour Alice d'indentifier qui lui ferait l'honneur d'un entretien qui la sortirait agréablement de sa rêverie.


Dernière édition par Alice de France le Sam 15 Jan - 1:53, édité 2 fois
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Sofia di Bergamo
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MessageSujet: Re: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Mer 5 Jan - 15:48

Le cœur lourd, la tête emplie de sombres pensées, Sofia avançait à petits pas dans les Jardins de la Cité. Etrangement indifférente au renouveau printanier qui s’annonçait, elle jeta un regard furtif aux fleurs de lys qui jonchaient l’allée.

* Il faudra que j’apprenne le double sens du mot fiordaliso à la jeune Princesse. » songea-t-elle tristement. « Car les Français ont tendance à ne retenir que la traduction fleur de lys, ce qui est bien normal car cela sonne mieux à leurs oreilles. Mais, il existe un autre sens plus cher à mon cœur. Ce modeste bleuet qui peuple les champs de bien des pays… Celui que mon cher papa me donna en surnom. *

Sofia esquissa un sourire triste. De toutes ses forces, elle tenta d’oublier sa première rencontre avec Alexandre et les premières paroles qu’il avait prononcées. « Fleur de lys », « bleuet », les deux mots s’emmêlaient dans sa tête. Elle revoyait les yeux bleus de son petit garçon, remplis de pleurs lorsqu’elle avait quitté le couvent. Réprimant un sanglot, elle continua à avancer. Les graviers crissaient sous ses escarpins dorés. Elle devait trouver une solution pour garder son enfant auprès d’elle, se confier à quelqu’un de puissant, demander de l’aide.

Le sourire radieux de la Princesse Alice la surprit soudain près d’un buisson de roses rouges où oeuvraient quelques jardiniers. La préceptrice plongea en une profonde révérence. Elle adorait cette blonde et lumineuse adolescente et ne manquait jamais l’occasion de lui manifester le respect dû à une Princesse de sang royal bien qu’elle n’ignorât rien de sa naissance illégitime. Pour Sofia, la vraie noblesse venait du cœur et la Princesse Alice possédait cette précieuse qualité.

« Altezza ! Non vedevo l’ora di vederLa ! » (Altesse, il me tardait tant de vous voir) !

La voix étouffée de Sofia sembla aussitôt alerter la jeune Princesse, qui lui indiqua un banc non loin. Plutôt que de la laisser debout, la soeur du Roi lui permit de s'asseoir à ses côtés. Ce geste de simplicité et d'amitié, incita la belle italienne à parler. Ce qu'elle fit, non sans difficultés :

« Altesse » dit-elle en un français parfait, « En ce moment je me trouve fort tourmentée. Cependant, il est un souci qui ronge mon âme bien plus que tous les autres réunis. »

Le silence de la princesse lui parut comme une sorte d'invitation à continuer, ses révélations.

Sofia leva la tête et, les larmes aux yeux, contempla la jeune fille espiègle et compatissante qui se tenait devant elle, agitant doucement son ombrelle. Elle aurait voulu lui crier qu’elle lui faisait penser à sa jeune sœur Alicia, disparue quelques jours après sa naissance. Quel âge aurait l’enfant à présent ? A peu près quatorze ans, soit deux années de moins que la Princesse. Alicia, Alice, encore deux mots qui s’entremêlaient en son esprit meurtri.

« Altesse » reprit Sofia, réprimant à grand peine son envie de crier, «vous n’ignorez pas que j’ai été mariée à Alexandre de Ville. Ce que j’ai omis de vous confier est que lorsque je me trouvais à l’asile, j’ai donné naissance à un petit garçon prénommé Alexis.
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MessageSujet: Re: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Mer 5 Jan - 18:28

    Spoiler:
     

    Attendant patiemment l'arrivée de l'inconnue, les yeux plissés par le soleil, Alice en profita subtilement pour ôter ses gants alors que Mathilde avait employé cet instant de pause pour discuter avec le jardinier. La jeune femme avait l'espoir d'organiser leurs fiançailles seulement, sa dame de compagnie s'était montrée réticente lorsque la princesse lui avait exposé son plan. C'était pourtant simple dans l'esprit d'Alice: Ils s'aimaient, ils se mariaient. Parfois légèrement naïve en raison de son jeune âge, la jeune femme avait du mal à comprendre pourquoi les gens ne voyaient pas ce qui était pour elle évident.

    « Altezza ! Non vedevo l’ora di vederLa ! »

    L'ombre qui s'avançait n'était autre que Sofia Di Bergamo ! Un large sourire s'inscrit sur le visage de la princesse. Comme elle aimait Sofia ! Sa préceptrice d'italien était la seule personne à qui Alice pouvait pleinement se confier sans avoir l'impression que dire ce qu'elle pensait était inconvenant. Après ce vague instant de réjouissance, la jeune femme perçut une note d'angoisse dans la voix de son amie et l'invita à s'asseoir.

    «Buon giorno, Sofia. Lei mi sembra preoccupata. Cosa c'è che non va?» (Bonjour Sofia. Vous me semblez préoccupée, y a-t-il quelque chose qui ne va pas ?)

    Depuis la mort de son mari et son internement, Sofia n'était plus exactement la même personne. C'était un peu comme si en plus du deuil, elle avait perdu une partie d'elle-même. Alice ne pouvait lui en tenir rigueur, comprenant trop bien sa situation et désirait jusqu'au plus profond de son être pouvoir l'aider coûte que coûte.

    « Altesse, En ce moment je me trouve fort tourmentée. Cependant, il est un souci qui ronge mon âme bien plus que tous les autres réunis. »

    Inquiète, Alice tenta de ne rien laisser paraître, enjoignant son amie à continuer en lui prenant les mains et en plantant son regard dans le sien. Sofia avait les larmes aux yeux et cela déchirait le coeur de la princesse à chaque fois où elle voyait sa préceptrice dans un tel état. Bien qu'elle soit forte et ne se laisse jamais aller trop souvent au désespoir, il était normal qu'elle soit si tourmentée. Qui ne le serait pas avec l'assassin de son mari encore en liberté ?

    « Altesse, vous n’ignorez pas que j’ai été mariée à Alexandre de Ville. Ce que j’ai omis de vous confier est que lorsque je me trouvais à l’asile, j’ai donné naissance à un petit garçon prénommé Alexis. »

    Alice ouvrit de grand yeux, contenant mal son étonnement. Puis ce fut ensuite une vague de rage qui déferla dans sa tête. Atrocement fâchée d'avoir pu laisser Sofia si longtemps dans ce sombre asile, la jeune femme maudissait les deux seules choses qui l'avaient empêchée de faaire plus rapidement: son statut de bâtarde et son jeune âge. Elle avait dû faire des pieds et des mains afin de libérer son amie et voilà qu'elle avait lamentablement échouer à la sauver entièrement.

    Alice reprit rapidement contenance, se rappelant que Sofia ne pouvait lire dans ses pensées et décelerait peut-être dans son expression toute cette colère qui n'était tournée que vers elle-même. Sa décision n'avait pas été longue à prendre: cet enfant retrouverait sa mère coûte que coûte.


    « Pourquoi n'ai-je pu mieux faire, Sofia ? » Elle se leva, trop contrite pour rester assise plus longtemps. « Cet enfant viendra vivre au Palais à vos côtés, je vous en fait la promesse. Il est hors de question que le petit Alexis reste loin de sa mère. »

    La vraie question qui n'avait cesse de revenir à la charge dans l'esprit de la princesse était pourquoi sa préceptrice ne lui en avait pas parlé avant ? À moins que cet enfant ne soit de l'autre côté de la brèche, à moins qu'il ne soit gravement en danger dans ce monde, dans quels cas il serait ardu pour elle de le ramener. Alice se rassit sur le banc, le regard plein de compassion envers son amie avant de poursuivre dans un murmure:

    « Sofia, Expliquez-moi. »
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MessageSujet: Re: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Jeu 6 Jan - 15:04

La cloche de la chapelle royale venait de sonner dix heures quand Alice se leva brusquement du banc. Sofia, profondément touchée par la bonté de la jeune princesse, se leva à son tour et vint s’agenouiller devant elle. Alice venait de prononcer des paroles que la jolie vicomtesse, dans ses rêves les plus fous, n’aurait jamais osé imaginer.

« Pourquoi n'ai-je pu mieux faire, Sofia ? Cet enfant viendra vivre au Palais à vos côtés, je vous en fais la promesse. Il est hors de question que le petit Alexis reste loin de sa mère. »

Souriant à travers ses larmes, Sofia leva vers la Princesse un visage que la joie et l’espoir transfiguraient.

« Madame, ce que vous fîtes alors pour moi ne pouvait être mieux. Et votre générosité me fait me sentir bien coupable. Car j’aurais dû vous informer de tout cela bien plus tôt. Veuillez m’en excuser ! J’avais l’esprit bien troublé à cette époque-là. »

A nouveau, les mains de la Princesse s’emparèrent des siennes. Mise en confiance par le doux regard d’Alice, Sofia s’empressa de continuer.

«A cette heure précise, mon fils se trouve au couvent jouxtant cet asile maudit où jadis ma famille m’emprisonna. Je lui rends visite tous les soirs et repars au petit matin, plus lasse que jamais… Mais si heureuse toutefois d’avoir pu admirer son sourire et ses progrès de bébé. Cependant, lors de la soirée d’hier, les nonnes m’ont affirmé ne plus pouvoir le garder en raison de son sexe. Les règles du couvent sont strictes et seules les filles sont tolérées dans les enceintes du couvent. »

Le brusque envol d’une hirondelle l’interrompit pour un court instant.

« Songez, Altesse, » reprit-elle, « à tous les dangers que court mon pauvre enfant. L’assassin de mon mari pourrait bien se servir de lui comme d’un bouclier si par hasard il apprenait ma véritable identité. Et puis, il y a la famille… ma famille paternelle qui ne connaît rien de son existence et qui ne doit jamais la connaître... Car la cupidité et la haine guident ces êtres avides d’argent et de pouvoir. Et mon fils, Madame, est avec moi seul héritier des titres et de la fortune de mon défunt père. Je crains pour la vie de mon fils Altesse. Et je vous remercie d’accepter qu’il s’en vienne vivre aux côtés de sa mère. »

Les rayons d’or du soleil faisaient étinceler les perles de rosée sur les pétales des fleurs. L’air embaumait de mille parfums. Sofia se sentait soulagée quand soudain une légère ombre lui marqua le front. Sans doute, la jeune Princesse devrait-elle informer le Roi de l’existence de son enfant et obtenir aussi sa permission. Toutefois, elle se retint de poser cette question à Alice, par peur de la gêner. Nul doute que l’intelligente adolescente le comprît d’elle-même. Quant à la sombre histoire de la brèche et à ses découvertes, mieux valait attendre qu’Alice lui demandât d’en parler. Sofia avait obtenu beaucoup en cette journée. Esquissant un léger sourire, elle se surprit à penser à un vieux proverbe italien. «Il silenzio è d’oro, la parola è d’argento. » (La parole est d’argent mais le silence est d’or)

Alice, en un geste charmant, la releva alors. Une légère brise fit voleter ses jupons et souleva son ombrelle. Et Sofia, toujours soucieuse de son rôle de préceptrice, ne put s’empêcher de lui glisser malicieusement en italien.

« Via col vento ! » (Autant en emporte le vent !)

La belle enseignante se mit à rire et se sentit un peu renaître. Elle s’assit à nouveau sur le banc et quelques instants passèrent dans un silence profond. Hélas, un jardinier passa une brouette à la main et elle lui trouva une forte ressemblance avec Nicolas de Filipponne. La préceptrice sortit alors, afin de chasser cet homme de son esprit, un journal qu’elle gardait dans son ombrelle repliée. Sofia se rapprocha d’Alice pour le lui faire découvrir et satisfaire ainsi peut-être sa curiosité. La première chose que la princesse sans doute apercevait de la France de Mac Mahon. Cependant et malheureusement, Sofia tomba sur cette page cornée qui la fit sursauter. Elle désigna alors, sans rien dire, un homme sur une photo. C’était lui l’assassin de son époux !
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MessageSujet: Re: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Jeu 6 Jan - 22:27

    Alors il se trouvait au couvent ? L'acceuillir au palais devrait être chose aisée puisqu'à ce qu'elle sache les enfants n'étaient pas proscrits à la cour. Après tout n'en était-elle pas une ? Il ne plaisait guère à Alice de se l'avouer, mais si quiconque songeait un seul instant à refuser à Sofia d'être auprès de son enfant, elle n'hésiterait pas à user de l'argument. Elle songea un instant à qui pourrait s'opposer à elle, les tonnes de noms fusant dans son esprit lui déplaisant grandement. Elle aurait l'appui de Philippe, elle n'en doutait pas: Après tout, ce n'était pas comme lui demander de décrocher la lune ! Bien que ce fut aussi précieux pour son amie.

    Sofia paraissait largement soulagée bien que tout de même inquiète. De nature empathique, Alice partageait sa joie, et était elle aussi très émue. Dès cet après-midi, elle entamerait les démarches nécéssaires pour l'acceuillir à la cour. Lorsque son amie lui parla de sa cupide famille, Alice sentit comme une bourrasque de haine qu'elle se força à contrôler. La jeune femme vivait toujours quasiment toutes ses émotions intensément, et bien qu'elle soit une personne douce et gentille, cela faisait d'elle un adversaire redoutable. Elle releva aimablement Sofia avant de sentir une agréable sensation de fraîcheur sur sa peau.


    « Via col vento ! »

    Que de belles paroles ! Cette phrase réussit à soutirer un sourire à la princesse qui se rassit aux côtés de la vicomtesse qui semblait déjà avoir trouvé un sujet de conversation qui avait l'air fort intéressant. Sortant de son ombrelle un amas de pages savamment pliées et dont Alice devina immédiatement la provenance, Sofia ouvrit le journal avant de se figer, pointant l'image d'un homme plutôt jeune.

    « Il n'est pas déplai... Sofia, qu'y a-t-il ? Connaissez-vous cet homme ? »

    Instinctivement, la princesse devina qu'il s'agissait probablement de l'assassin du mari de son amie, et s'étonna de son apparence. Dans sa naïveté, elle avait toujours pensé à cet être infâme comme d'un monstre et c'était un choc de voir qu'il était ordinaire. Le jardinier parti, Mathilde ne se gêna aucunement pour venir importuner les deux jeune femmes en tournant autour d'elle d'un air autoritaire. Alice lui répondit par un regard courroucé, ce qui n'était pas dans son habitude. Sa dame de compagnie décida donc de poursuivre sa promenade seule au grand plaisir de la princesse. Tant pis, elle lui présenterait ses excuses plus tard ! Elle se retourna donc vers Sofia qui semblait toujours figée. Alice poursuivit d'une voix douce en lui secouant légèrement le bras.

    « Lisez Sofia... »

    Elle l'aurait bien fait à sa place, mais arracher le journal des mains de sa préceptrice aurait été plutôt ingrat et mal vu. Alice avait d'ailleurs accordé à Sofia le droit de quitter le Palais pour passer à travers la brèche afin de récolter des informations. Sans elle, Louis de Marsailly et elle-même n'auraient jamais pu découvrir la descendante d'Agnès de Garlande. Cette France républicaine était tout à fait différente de celle qu'Alice avait toujours connue et ces républicains enragés ne lui plaisaient guère. Le peuple de sa France était un peuple heureux. Du moins, pour ce qu'elle en savait...
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Sofia di Bergamo
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MessageSujet: Re: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Mar 11 Jan - 15:49

Mathilde, la dame de compagnie de la Princesse, semblait tourner autour des deux jeunes femmes et Sofia sentit un instant désorientée. Nerveusement, elle plissa les pages du journal jusqu’à ce que Mathilde se fût éloignée.

« Lisez Sofia… »

La main d’Alice lui secoua doucement le bras et la jeune vicomtesse, se reprenant, lit d’une voix ferme.

« Le discours du député Nicolas de Filippone met le feu aux poudres. »

Le discours grossier et véhément du député Nicolas de Filipponne a, une fois de plus, mis en émoi l’hémicycle de l’Assemblée Nationale. S’en prenant ouvertement au Président Mac Mahon, il n’a pas hésité à insister sur «le vide affligeant de cette grosse tête de veau ». (sic)


Le regard de Sofia s’alluma soudain d’une lueur rageuse.

« Cretino » ne put-elle s’empêcher de murmurer. « Assassino, mostro !» (Crétin, assassin, monstre !)

Elle se ravisa aussitôt, songeant non sans raison, qu’elle était là pour enseigner la belle langue italienne à la jeune Princesse et certainement pas pour lui apprendre des jurons.

« Non si offendi Altezza! »
dit-elle, contrite. (Que Votre Altesse ne s’offense pas) La belle Italienne reprit en français.

« Voyez Madame, comme ce jeune homme semble ordinaire et même séduisant. Pourtant, il cache en lui une noirceur d’âme peu courante. C’est lors de l’un de mes incessants voyages à travers la brèche que j’aperçus pour la première fois sa photographie. Mon cœur sut aussitôt que le meurtrier de mon mari c’était bien lui. Cependant, il me fallait trouver une preuve. Car il était évident que je ne pouvais prendre le risque d’exercer ma vengeance sur un homme innocent…. »

Sofia s’interrompit un instant, Sa voix claire se brisa.

« Il possède une armoire, Madame, où l’un des tiroirs se meut par un mystérieux ressort. Ce tiroir s’ouvrit brusquement une fois alors que je l’époussetais. J’aperçus quelques documents en son fond. Mais alors que ma main allait s’en emparer, j’entendis le bruit de ses pas… »

Le cœur de Sofia se mit à battre à se rompre. Elle se souvenait de la terreur qui l’avait saisie à cet instant-là.

« Peut-être, Madame, trouverais-je là des preuves concernant sa culpabilité quant à l’assassinat de mon époux. Peut-être aussi découvrirais-je d’autres secrets jalousement enfouis. Car la hargne de cet homme semble dissimuler bien des complots.


Elle tourna un visage désemparé vers la jeune Princesse. Un bref instant un doute la saisit. Peut-être Alice, émue par sa détresse, ne la croyait-elle que par amitié.

« Altesse » chuchota Sofia. «Cet après-midi, comme tous les jours, je prendrai ma barque pour traverser la brèche. Souhaiteriez-vous découvrir un autre monde et m’accompagner en mon périple ? Il nous suffirait de traverser le Pont Agnès de Garlande pour que… »

Elle s’interrompit soudain. Qu’allait en penser la Princesse Alice ?
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MessageSujet: Re: Confidences [Feat Sofia Di Bergamo] Sujet terminé   Sam 15 Jan - 1:52

    Alice écoutait attentivement sa préceptrice, mais cette fois à la manière d'une amie et non pas d'une élève. Malgré son air posé et sûr d'elle que la jeune femme adoptait la plupart du temps, elle avait l'impression que son esprit se trouvait à des lieues de distance. Tout cela était bien trop concret pour elle. Non pas qu'elle soit vraiment interessée par le sujet de l'article - bien qu'elle aie conscience que ce Nicolas de Filiponne était l'assassin du mari de Sofia - mais plutôt par l'étrangeté de cette autre France. Alice savait qu'elle n'appréciait que très peu ce Mac Mahon, le sachant républicain, mais il était un ennemi de Nicolas de Filiponne qu'elle haïssait d'autant plus. Ses pensées confuses s'arrêtèrent subitement lorsque Sofia la sortit de sa rêverie.

    « Cretino, Assassino, mostro ! Non si offendi Altezza! »

    Alice, partagée entre l'étonnement et l'amusement laissa échapper un rire cristallin, veillant tout de même à ne pas offenser son amie. Après tout le sujet n'était pas des plus hilarants. Cette dernière poursuivit, lui parlant un peu plus de l'assassin. Alice n'en savait que très peu, mais elle n'avait pas hésité une seule seconde à laisser Sofia passer la brèche à chaque fois qu'elle le désirait, si celle ci lui promettait d'être prudente. Lorsque sa préceptrice fit allusion à sa vengeance, Alice réprima un frisson. Cet homme serait jugé n'est-ce pas ? Elle refusait de voir Sofia s'abaisser au même niveau que cet homme. Justice serait faite, dans un monde ou dans un autre, la princesse en donnait sa parole.

    Alors que Sofia lui racontait ce qui était arrivé dans le bureau de ce Nicolas, la jeune femme ne put cacher son interêt. Bien trop curieuse pour une jeune femme de la cour, Alice avait tendance à se mettre dans des situations parfois périlleuses, bien qu'elle tentât de corriger ce trait de caractère. Il fallait que Sofia découvre ce que ce tiroir renfermait, ainsi peut-être pourrait-elle récolter des preuves contre cet odieux personnage. Sofia reprit:

    « Altesse. Cet après-midi, comme tous les jours, je prendrai ma barque pour traverser la brèche. Souhaiteriez-vous découvrir un autre monde et m’accompagner en mon périple ? Il nous suffirait de traverser le Pont Agnès de Garlande pour que… »

    Cette fois sérieusement abasourdie, Alice se figea un court moment puis repris contenance très rapidement en entendant les pas furieux de Mathilde crissant sur le gravier. La jeune princesse leva brièvement les yeux vers le ciel, s'appercevant que son heure de promenade avait été largement dépassé. Mais après tout, qui s'en souciait puisque cet après-midi, elle découvrirait cet autre monde qui lui semblait si lointain mais pourtant trop réel. En revenant rapidement à Sofia, la jeune femme lui fit un bref signe de tête, comme quoi elle serait présente, puis reprit sur le ton de la confidence:

    « Dans ce cas, retrouvons-nous à une heure auprès de ce pont. Quant à ma petite fugue, ne vous inquiétez pas pour moi. »

    Alice accompagna cette assertion d'un coup d'oeil complice, alors qu'au même moment, Mathilde les rejoignait. La jeune femme jeta un regard d'excuse à cette dernière qui semblait plutôt contrariée, et agita faiblement ses gants devant son visage, prenant un air fiévreux.

    « Oh Sofia, je pense devoir vous quitter, je me sens quelque peu indisposée... Pardonnez-moi très chère amie.»

    Mathilde qui avait assisté à la comédie parfaitement executée de la princesse prit un air inquiet alors que sa protegée se levait de son banc pour exécuter une révérence fébrile. C'est donc sans plus de cérémonies qu'Alice et sa gouvernante quittèrent Sofia. Sans plus attendre, Mathilde entama ses remontrances alors qu'elles pénétraient dans le Palais. Alice referma son ombrelle puis poussa un vague soupir de désagrément avant d'entamer l'acte final, l'apogée de sa pièce.

    « Mathilde, je... »

    Puis elle s'effondra dans un froissement de tissu dans les bras de sa gouvernante qui, paniquée, n'hésita pas à hurler à l'aide. La princesse tenta tant bien que mal de réprimer un sourire victorieux alors que plusieurs valet accouraient à l'aide.


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