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 Clélie Corbier-Gastins

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Clélie Corbier-Gastins

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Messages : 10
Date d'inscription : 09/12/2010

Jardin Secret
Et cette brèche?: Quelle brèche?
Et le coeur?: Vide pour le moment...
Un secret?: chut! Petits curieux!

MessageSujet: Clélie Corbier-Gastins   Mar 25 Jan - 15:35




Clélie CORBIER-GASTINS


par __Troian Bellisario__



♣️Mon identité complète:Clélie, Mahaut Corbier-Gastins
♣️Je suis né(e) le: 28 janvier 1851, 24ans
♣️Je suis:
_Une des premières femmes à sortir d'une université française;
_ex-étudiante en Histoire, spécialiste de la criminologie en France;
_Fille d'Alphonse Corbier, chef de la Sûreté depuis 1872 et fait baron de Gastins sous Louis-Philippe.

♣️Je viens:
♦️de cette histoire où depuis un siècle la France change d'empereurs et de rois comme de chemise.





♣️Cette brèche:
♦️Je n'en sais encore rien;

♣️Quelles en sont mes intentions:
Jamais ma famille n'a su trouver son véritable maître à penser. Je suis issue de ces familles neutres, modérées en toute chose et soutenant les véritables valeurs de la France.
Considérée comme opportunistes, arrivistes ou parvenus, nous suivons cependant fidèlement le chemin de la justice.
Si la monarchie revenait? Qu'importe, si ce roi suit les désirs de son peuple et décide du bien-être de notre pays. Je n'ai jamais vu la Révolution comme un bienfait total et certaines décisions sont bien peu honnêtes à mes yeux. Si une telle brèche existait, si réellement un royaume de France persistait au-delà de ce monde, j'y plongerais sans hésiter: par curiosité, par témérité, afin de goûter à ce régime qui perdurerait sans cesse.
Mais parler de destruction? Je ne le pourrais...ou du moins, je pense ne pas le pouvoir.




♣️Prénom et/ou pseudo:Tro (again)
♣️Age:24ans
♣️Comment avez-vous connu le forum?Joker Razz
♣️Fréquence de connexion:7/7 quasiment.
♣️Code du règlement:OK par Zabie
♣️Question? suggestion? petit mot? X





-Asseyez-vous, mademoiselle.

La jeune fille recula la chaise avant de poser ses quelques feuillets sur le pupitre. Levant les yeux, elle observa le cœur battant les quatre docteurs en Histoire et experts en criminologie qui jugeraient son travail. Parmi eux, l’avis que se forgerait Régis de Chantelauze primait sur tous les autres, tant son admiration pour le travail de l’homme était grande.
Plus encore que la qualité de son travail, sa condition de femme au sein de cette université intimidait la jeune fille. Elle se savait comme élue, comme privilégiée par cette situation, mais la pression qui pesait sur ses épaules était bien lourde.

Elle resta un instant debout, attendant les indications d’André Dezaert, maître en criminologie. Elle connaissait assez les griefs qu’il nourrissait contre son père pour ne pas le craindre.

-Mademoiselle Clélie Corbier-Gastins… c’est cela, marmonna son voisin, le monocle tenu entre le pouce et l’index au-dessus de la feuille. Mmmh…votre nom ne m’est pas inconnu, mademoiselle, fit-il en relevant la tête dans un sourire énigmatique. Ses favoris blancs de neige se soulevèrent et il reporta son attention sur la fiche.
Vous êtes la deuxième représentante de votre….sexe…à venir présenter une thèse, mademoiselle. La précédente n’a hélas su convaincre son jury. Il faut croire que les sciences ne sont ouvertes à tous ! J’espère que vous saurez déjouer ces pièges, mademoiselle Corbier.

Clélie déglutit difficilement mais hocha la tête en souriant.

-Allez-y, mademoiselle, termina l’homme d’une voix traînante. [/color=yelloww]Asseyez-vous, mes collègues et moi sommes prêts à vous écouter.

Les quatre juges se redressèrent sur leur banc, prêt à écouter chaque son qui sortirait à présent de la gorge de la jeune fille. Redressant la tête, Clélie toussota légèrement avant de saisir ses feuillets.

-Depuis Gabriel de la Reynie jusqu’à notre police actuelle, sans escompter l’œuvre d’Antoine de Sartine, la police de France a considérablement évolué, suivant les mœurs et les besoins de la France et des français. Tout au long de l’Ancien Régime s’est développée une police royale, au sens de l’organisation envié de ses voisins européens.
Depuis la Révolution, les changements opérés n’ont su altérer la qualité de cette police, malgré un taux de criminalité sans cesse évolutif.

Nous étudierons donc dans un premier temps l’organisation de la lieutenance de police de Monsieur de La Reynie puis de ses successeurs de l’Ancien régime, adapté aux besoins de ces siècles. Nous verrons ensuite comment la chute du régime a profondément bouleversé cette organisation, qui a toutefois su évoluer selon les nécessités.


Face à ces hommes, Clélie n’avait trouvé de refuge que dans ces liasses noircies d’encre. Elles représentaient toutes ces dernières années et tout son avenir. Elle représentait ce pour quoi elle pourrait se battre dans l’avenir. Cet élément était le sien : on ne pouvait y échapper lorsqu’on était fille aînée d’Alphonse Corbier, chef de la Sûreté de Paris.

Le temps avait passé sans que Clélie ne compte les minutes. Lorsque sa voix s’éteignit enfin, plongeant l’amphithéâtre dans un soudain silence, elle osa enfin jeter un regard sur les aiguilles qui n’avaient cessé de tourner. Deux heures s’étaient écoulés. Deux heures durant lesquelles ces professeurs avaient du forger une opinion de son travail en Histoire et criminalité et de ses capacités.
Mais au-delà de cette thèse qu’elle présentait aujourd’hui, c’était sa propre reconnaissance qui était en jeu.

-Merci, mademoiselle Corbier, dit l’homme aux favoris, rompant le silence. Vous pouvez attendre en hors de cette pièce.

La jeune fille hocha à nouveau la tête et ramassant ses feuillets, quitta promptement la salle.
Quelques minutes seulement s’écoulèrent lorsque le dernier des quatre juges apparu enfin. Il referma la porte derrière lui se tourna vers Clélie dans un sourire.

-Détendez-vous, mademoiselle, les délibérations seront longues et la réponse ne viendra aujourd’hui ! Venez, je souhaiterais vous connaître un peu plus, si vous me le permettez. Il est bien rare de croiser une silhouette féminine dans nos universités et le choix de votre sujet m’a intrigué. Accepteriez-vous de m’en parler ?

Clélie rendit son sourire au professeur.

-Ce serait un plaisir, professeur.

De l’autre côté de la rue se trouvait l’un de ces cafés où se mêlaient étudiants, professeurs et jeunes en quête d’épopées romanesques. Le professeur mena silencieusement la jeune fille à l’intérieur et attendant la venue d’un serveur, il observa silencieusement Clélie.
Il ne paraissait pas plus âgé que les autres maîtres et son regard brillait d’une lueur amusée et enfantine. Ses cheveux n’étaient pas encore teintés de blanc et Clélie lui donna volontiers une quarantaine d’années.

-Pourquoi avoir choisis ces études, mademoiselle ? Il vous était facile, par la situation de votre père, de trouver un mari aisé, peut-être puissant, pouvant subvenir à vos besoins ? La place d’une femme n’est-elle point auprès de sa famille ?

-Je n’ai pas encore de famille à m’occuper, professeur. Pour qui resterais-je chez moi ?

L’homme émit un petit rire face à la pertinence de la remarque.

-Les études élèvent l’esprit et l’âme, professeur. Elles permettent de vous faire voir le monde tel qu’il est et non tel qu’on nous le présente. Bien trop d’erreurs ont été commises par manque de culture.

-A quoi pensez-vous donc, mademoiselle ? Votre ton est chargé de sous-entendus.

-D’une période encore bien proche, professeur. Celle de la Révolution. Mais je ne souhaite m’étendre sur ce sujet bien trop brûlant pour qu’il soit débattu dans une telle place.

-Vous avez raison…mais votre avis m’intéresse et je souhaite le connaître en entier. Ainsi, vous souhaitez obtenir dans l’avenir une place plus élevée que celle que votre condition vous impose ?

-C’est exact, professeur. Les femmes possèdent des atouts que les hommes n’ont pas et parfois nécessaires et peu inutiles. Il faut des hommes instruits pour mener ceux qui ne le peuvent.
Je pense, professeur, à la situation de ces villes industrielles dans lesquelles j’ai grandi. Le Nord, cette terre de houille et de charbon, voit sa population s’enfoncer sous sa terre. Cette population ne bénéficie comme soutien que de la bienveillance des propriétaires terriens. Ils n’ont que la culture que nous leur donnons et sans l’école, les enfants suivraient les traces de leurs aïeuls.

Mes ancêtres ne sont pas de nobles ou riches aristocrates, monsieur. Mais leur culture et leur savoir leur ont permis de s’élever et de gagner cet argent nécessaire à leur réussite. Je suis de ces familles à qui rien n’est offert et pour qui tout doit être mérité.

Vous me parliez d’un époux riche et puissant ; mais je dois mériter un tel époux, professeur. Et je ne souhaite être pour lui qu’une simple épouse effacée et sotte, telle ces courtisanes de Versailles !


Le professeur, au travers de ses lunettes fines, observa l’œil brillant la jeune fille. Un léger sourire souleva sa moustache brune.

-Votre avis est bien sévère mademoiselle. Mais vos raisons sont honnêtes et je ne peux les blâmer. Votre expérience vous sert.

Clélie rosit et baissa les yeux. Elle ne les releva que lorsque le serveur eu apporté le chocolat chaud de la jeune fille.

-Je connais votre père, mademoiselle, reprit le professeur après quelques minutes de silence. Vous lui ressemblez beaucoup.

-Que voulez-vous dire ?

-Vous forgez vos opinions sur votre expérience et au-delà de la culture, vous favorisez cette même expérience à l’apprentissage.

-L’expérience et les capacités naturelles…en effet, professeur. Mon père ne doit sa place qu’à son talent et ses années de métier. Etre chef de la Sûreté n’implique pas seulement des connaissances théoriques, professeur, ajouta la jeune fille en souriant.

[color=springgreen]-Cela peut également impliquer des relations judicieusement placées.

Clélie observa un instant le professeur, dont le regard brilla à nouveau sous les verres de ses lunettes. Elle ne voyait encore vers quel terrain il souhaitait la mener, mais cette forme d’interrogatoire prenait une tournure qui lui fit lever le sourcil. Parler de ses projets, de ses désirs de reconnaissance, du métier de son père ne l’inquiétait davantage que se lancer dans une discussion abordant les relations personnelles de sa famille.

Elle voyait le professeur louvoyer afin de la faire parler des MacMahon et de la protection que le président offrait à son père. Serviteur fidèle et zélé de tout pouvoir, son père était la main du président, comme il avait été celle d’un Thiers ou d’un Louis-Philippe. Le professeur voulait-il entendre de la bouche de sa fille cette vérité ? Désirait-il lui faire admettre que seule l’intrigue avait fait baron Alphonse Corbier ?

-Où voulez-vous en venir, professeur, demanda d’une voix plus sèche Clélie ?

-Je veux comprendre pourquoi une jeune fille telle que vous, intelligente et possédant des relations lui offrant la plus sûre des protections actuelles, fille d’un homme tenant dans ses mains une partie de la Justice de France, pouvant obtenir un brillant parti, se bat-elle contre un moulin qui ne tourne plus, en se lançant dans cette épopée que son les études supérieures, contre des mœurs qui ne l’acceptent.

Les deux interlocuteurs s’observèrent un instant en silence, tel deux duellistes prêts à tirer.
Clélie soupira doucement avant de détourner le regard.

-Je ne suis pas de celles qu’on nomme suffragettes. Je ne suis pas une femme de combat et ne souhaite pas l’être.
Ma famille n’est qu’une modeste famille, issue des terres industrielles. Elle n’a fait sa fortune qu’en armement puis en exploitation minière, mais n’a jamais cessé d’user de son statut afin d’améliorer le quotidien de ses ouvriers.
Le Nord, professeur, n’a jamais été ce que furent Guyenne ou Bretagne.

Lorsque l’on descend d’une telle famille, de ce que d’autres nomment roture, aux yeux du monde, l’on ne peut accéder à des postes suprêmes. Si tel est le cas, le soupçon est alors en éveil, cherchant la moindre trace de corruption ou d’incapacité.

Mon père a mis son esprit et ses talents au service de la France. Il a préféré soutenir un pouvoir plus que des hommes et pour cela, il se trouve aujourd’hui dans une indélicate position. Thiers le félicite d’avoir sauvé ses hommes des pierres parisiennes, lorsque le roi des Français le fait baron. A présent, c’est un président monarchiste qui lui tend la main et l’a fait chef de la Sûreté il y a trois ans.
Comprenez-vous, professeur, la position de ma famille ?


L’homme, durant ce monologue, n’avait cessé de tourner sa cuiller dans son café brûlant. Le regard perdu, Clélie sentait toutefois qu’il ne perdait aucun mot de son histoire.
Elle but une gorgée de chocolat, alors que le silence les avait à nouveau enveloppés.

-Je comprends ce désir de prouver à ceux qui vous montrent du doigt, que vous valez bien autant qu’eux, peut-être même plus.

Il laissa sa phrase en suspens et à nouveau, le silence s’installa, plongeant Clélie dans ses réflexions.

Elle voulait laisser le professeur sur cette image. En aucun cas elle ne souhaitait se dévoiler un peu plus : devait-il connaître son entier caractère ? Sa passion pour le métier de son père ? Son naturel curieux, téméraire malgré cette façade douce et calme ?
Elle se retint d’ajouter ces petites choses qui n’appartenaient qu’à elle et dont l’homme, tout éminent professeur qu’il fut, ne pouvait connaître. De son amitié pour le fils aîné du président à ses inimitiés avec cette Orsay – bourgeoise bien trop capricieuse - il ne devrait rien savoir.

Elle lui cacha que cette volonté de justice provenait de cette même Commune qui avait couvert de lauriers le crâne de son père et le faisait à présent jouir de cette confiance présidentielle. Lorsque, plongeant au cœur du danger, elle avait choisi de délivrer le jeune Patrice des mains des communards, elle n’avait pas songé à l’avenir. Elle n’avait fait que suivre son propre instinct et son désir d’égalité. Aujourd’hui, elle se félicitait chaque jour de ce geste lorsque cette amitié avec le fils aîné des Mac Mahon se révélait si solide.

Justice. Cet unique idéal.
Elle pouvait aisément plonger dans la cachotterie si cette justice pouvait être défendue. Elle camouflait sans regret ce qu’elle savait si cela était nécessaire. Cet ersatz de messe basse qu’elle avait surprise alors qu’elle échappait à des regards indiscrets? Elle le cachait. Le visage de cette femme était bien trop protégé pour qu’elle ai pu le reconnaître et désireuse de ne blâmer aucun innocent, Clélie s’était tue.
De l’attitude bien trop doucereuse d’Ambroisine Chastaing, éveillant plus de soupçons que d’affection ? Elle se taisait également.

Tant que cette justice ne triomphait, elle guettait.

Clélie sourit doucement au professeur et hocha la tête d’un geste de compassion.

-Si vos confrères et vous-mêmes donnez un jugement favorable à cette thèse, cela sera un pas immense de fait.

-Gageons que l’Histoire de la criminalité en France vous donne cette clef, mademoiselle Corbier.

Plongeant à nouveau la table dans le silence, le professeur porta son café chaud à ses lèvres, laissant la jeune fille se délecter de cette mince victoire.

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Zita de Craon
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Date d'inscription : 06/11/2009

Jardin Secret
Et cette brèche?: Je la nie mais si elle existe, ce n'est certainement pas mon Histoire qui en pâtira ...
Et le coeur?: Pour l'instant il ne bat que de peur !
Un secret?: Je suis parait-il le portrait craché d'une Reine Médiévale !

MessageSujet: Re: Clélie Corbier-Gastins   Mar 25 Jan - 17:33

cheers Re welcome ! What a Face

Ma première citoyenne ! Very Happy

Tout ceci me semble parfait, je te donne donc mon aval.

Bon jeu parmi nous, mistinguette, tu connais le chemin Wink

A très vite en jeu.

What a Face

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Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom !

LIBERTÉ !
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Clélie Corbier-Gastins
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